Avant-propos
Neuf ans. Neuf ans depuis ce premier voyage qui a changé ma vie. Plus de dix ans depuis que je comptais partir pour ce beau pays qu’est le Canada. Et non ! Ce n’était pas l’Australie qui était prévue !
Après avoir obtenu mon BTS, j’avais un sentiment d’accomplissement, mais aussi de mal-être. Je m’explique. Mes études étant finies, j’imaginais déjà mon avenir de nouveau diplômé : j’allais entrer dans la vie active, faire mon métier pendant 40 ans (43 ans maintenant), avoir une femme, une maison, un chien ou un chat, et mourir dedans, avec ma femme si elle était encore à mes côtés. Mais cette pensée me déprimait… Je voulait faire quelque chose d’unique avant de commencer ce « parcours ». Ayant un frère en Australie, l’autre au Canada, je me disais que je pouvais profiter de l’occasion de visiter l’un des deux avant d’entamer ma vie professionnelle et personnelle.
Pour rejoindre le premier, il me fallait faire 21 heures d’avion, un climat désertique, une langue que je ne connais pas, des animaux divers et dangereux, et de l’autre, 6 heures de vol, un frère sur place en plein centre-ville, ils parlent français, il y’a du travail, et un vrai hiver avec beaucoup de neige. Et en réfléchissant plus tard, le frère australien revenait dans moins d’un an, donc je n’aurais jamais assez de temps pour mettre de côté et le voir avant son retour. Mon choix fut donc logiquement le Canada.
J’ai donc travaillé pendant 2 ans à enchainer les petits boulots pour économiser assez d’argent, et l’année 2014 fut enfin la bonne ! Il ne me restait qu’à avoir le visa PVT et c’était bon pour un an de liberté (à l’époque le PVT durait un an). J’avais même motivé mon autre frère et un pote à lui à venir avec moi !
Mais bon, l’aléatoire étant facétieux, l’ironie du sort donna un visa à mon frère et son ami, et me le refusa… J’étais dégouté. Je les ai accompagnés prendre l’avion, tandis que je restais en France… C’était injuste, et je ne pouvais rien y faire. J’avais beau essayer de relativiser, ce sentiment ne disparaissait pas comme ça. C’est là que mon frère me reparla de l’Australie, et parvint à me convaincre de découvrir ce beau pays bourré des pires êtres vivants de la planète. Un soir de juin, après quelques semaines d’hésitations, un soir d’insomnie, je pris enfin mon billet pour le pays des kangourous et des records du monde des animaux les plus dangereux pour le 22 octobre 2014 !
Mais question de bien mal commencer un voyage, une autre ironie me tomba dessus, plus douce, mais plus cruel. Quelques mois avant mon départ, je rencontre une fille. On savait que ça ne pouvait pas durer, mais rien à faire, on voulait profiter le plus possible du temps qui nous était accordé. Peut-être que la date de voyage avait rendu la relation plus forte, plus romantique, mais le résultat était là : on s’aimait.
Je vous laisse imaginer le portrait : Premier voyage, en route pour un pays qui n’était pas mon premier choix, à littéralement l’autre bout du monde, passant d’une petite ville de France pour habiter dans une métropole, plus de 30 heures de voyages dans les pattes pour arriver là-bas, et surtout ma copine restée en France. Vous l’aurez donc compris, pas les meilleures conditions pour partir l’esprit léger.
Le journal va donc commencer, et je tiens à préciser que tout ce qui est écrit est vrai. Je n’ai rien ajouté, juste enlevé certains éléments par souci de respect de ma, et/ou des vies privées, mais les journées, les évènements et les expériences sont purement réels. Je vous laisse ainsi maintenant avec le Jimmy de 2014, en vous souhaitant une bonne lecture.
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