Petite remise en contexte lors de mon retour en France : Une fois en France, cela fut vraiment difficile de revenir à ma vie d’avant. La sensation était très bizarre. J’avais l’impression d’avoir vécu une année hors du temps, et en revenant dans ma ville natale, j’avais en fait l’impression que c’était le reste du monde qui avait figé : les proches n’avaient pas changés, les magasins toujours en place, mes amis toujours dans la même boite ou dans les mêmes études.
Et lorsque je voulais discuter et témoigner de ce magnifique pays qu’est l’Australie, j’avais beau utiliser tous les mots possibles constituant mon langage, impossible d’expliquer en détail les sensations, et même pire : de transmettre les émotions que j’avais ressenties.
Je l’avoue, en revenant j’étais devenu un peu hautain, pensant que les autres ne profitaient pas vraiment de leur vie. Mais j’ai eu une révélation lorsque l’un de mes meilleurs amis m’a dit cette phrase après des dizaines de minutes de description de mon voyage « Je ne l’ai pas vécu mais je suis sûre que c’est impossible à décrire, je ne saurais jamais ce que cela fait, mais je suis content que cela t’ait rendu heureux » (merci encore Ambroise!). Et ça a tellement fait du bien, de constater que quelqu’un comprend que pour moi ce n’était pas juste un voyage, mais vraiment un changement important dans ma vie et mes futurs choix. Mais je devais aussi comprendre que ce n’était pas son objectif, ni probablement de ceux à qui j’en parlait et que le mien n’était pas mieux, mais juste que j’avais trouvé ce qui me convenait. Ce n’est pas parce que ça a été quelque chose de fabuleux pour moi que tout le monde devrait partir aussi, ou même que tous ceux ayant essayé ont adoré leur voyage comme moi.
Mais en fin de compte, tant qu’on est heureux dans ce qu’on veut et ce qu’on fait, ce qui compte c’est de vivre selon nos motivations, peu importe que cela soit en mode voyage ou sédentaire, vie imprévisible ou dans la routine.
Par contre si un projet de voyage semblable vous tente, et surtout vous trotte dans la tête, préparez votre voyage et foncez !
Quand j’y repense, j’étais à 2 doigts de rentrer en France à mon arrivée. Qui sait ce qui se serait passé si j’avais acheté ce billet de retour à Sydney ? Ou même si j’avais eu mon PVT pour le Canada ?
Dix ans depuis mon projet de voyage au Canada avorté, et ce fut avec le recul, le refus le plus important, et le plus bénéfique de ma vie. L’ironie veut qu’à l’instant où j’écris ces lignes, j’habite enfin là-bas, je suis résident permanent à Montréal, et bientôt citoyen. Comme quoi on n’a pas toujours ce qu’on veut, mais que ce n’est parfois pas plus mal pour pouvoir explorer d’autres voies. On éprouve ainsi nos motivations pour savoir si nos souhaits sont de vrais projets, ou des envies de passage qui disparaîtront, remplacés lorsque d’autres nous parleront de leurs projets avec passion et s’immisceront en nous.
Car le piège est bien ici : désirer grâce aux autres, et non par soi. Alors que même si nos rêves peuvent paraître stupides, que cela soit de voyager autour du monde, cultiver la terre, faire du tricot ou jouer à des jeux, ce qui compte pour moi c’est juste de ne pas avoir de regret.
Bref, je pense avoir assez pris de votre temps, et vais donc conclure.
Que cela soit un projet professionnel, personnel ou artistique inédit, vous aurez peur. Mais lancez-vous, car je vous promets une chose : même si vous échouez, vous serez toujours fier de vous.
Car n’oubliez pas: le succès n’est qu’un échec de plus raté.
et une bonne expérience vous feras avancer, une mauvaise vous donnera une histoire à raconter. Vous n’avez donc rien à perdre, et au pire plein d’histoire à gagner !
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